Menu icoMenu232White icoCross32White
<
>

ADHEREZ  pour la sauvegarde de notre patrimoine mulhousien

POURQUOI FAUT-IL SAUVER LE REBBERG DE L’URBANISATION ?

 

Le Rebberg, c’est une collection de centaines de maisons de maître, de petits manoirs éclectiques, de maisons de cadres ou d’ingénieurs, qui viennent saupoudrer une vaste étendue de parcs et jardins de 200 hectares aux essences rares (cèdres, séquoias, ginkgos, tulipiers…).

Il convient d’abord repositionner le Rebberg comme un paysage patrimonial.

 Attention. Il est très important de relever que le patrimoine n’appartient pas à qu’à ceux qui y habitent, c’est un bien public, il appartient à tous (du fait de l’appropriation mentale), citoyens de Mulhouse, d’Alsace, du Grand-Est et d’ailleurs.

 

Déjà en son temps,

Victor Hugo l’avait très bien exprimé   

« il y a deux choses dans un édifice, sa fonction et sa beauté. La fonction appartient à son propriétaire, sa beauté appartient à tous ».

Le patrimoine, c’est 

1°) ce qu’on hérite,

2°) qu’on trouve beau,

3°) dont on se fait l’appropriation mentale et

4°) que nous avons le devoir de conserver (cela s’appelle l’inaliénabilité).

Il faut se rendre à l’évidence que le Rebberg est un des plus beaux quartiers de France. Pourquoi ? Parce que le Rebberg, c’est une illustration mythique de la civilisation industrielle, on le doit à l’histoire si singulière de Mulhouse, unique en France, qui a engendré une forme d’aristocratie – appelée fabricantocratie par les historiens – ; celle-ci a été demandeuse à se loger dans un lieu d’exception, les premières pentes du Sundgau.

 

Mais le Rebberg en tant que paysage patrimonial doit être compris comme une partie d’un tout.

On ne peut comprendre le Rebberg qu’en le repositionnant dans un cadre qui embrasse comprenant tout Mulhouse, la vieille ville, la cité, les grandes usines, le quartier Briand-Franklin, le quartier de la société industrielle, les collections des grands musées techniques… C’est l’ensemble de cet « écosystème » qui en fait la saveur et la lisibilité, et toute la force.

Mulhouse a, encore de justesse – car elle a beaucoup perdu à travers les démolitions des trois dernières décennies – le niveau patrimoine de l’UNESCO. Nous l’avons montré dans nos publications (par exemple https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00491640v2/document , ou encore « DMC patrimoine mondial ? » (2006), « Mulhouse trésors d’usines » (2011, réédité en 2019). Dans l’inaction, nous avons perdu 15 ans. Depuis deux ans, autour de DMC et du « village fonderie », une véritable effervescence se manifeste. Si la reconnaissance de TOUT MULHOUSE était obtenue, cela voudrait dire que ce patrimoine appartient au MONDE.

Le classement est extrêmement difficile à obtenir et doit être porté de manière inconditionnelle par les élus locaux, ceux de la Région, et par l’état. Le panel de l’ICOMOS (qui instruit les dossiers) est extrêmement sévère notamment à l’adresse de tout ce qui vient dénaturer le patrimoine (N.B. je suis moi-même expert à l’ICOMOS). Il est évident qu’en présentant Mulhouse avec, à la place du Rebberg quasi-unique en France, un quartier du Rebberg surconstruit en conséquence de la pression immobilière, un classement UNESCO serait totalement compromis. Et la bétonnisation du Rebberg entraînerait tout Mulhouse dans sa chute, par le fait qu’on se couperait de toute possibilité de classement au titre de patrimoine mondial.

Le Rebberg est hélas un cas d’école de patrimoine menacé de naufrage. La loi ALUR pousse à la densification du bâti urbain. Les parcs et jardins disparaissent les uns après les autres, et l’on entend journellement le bruit des tronçonneuses… aux fins de libérer les espaces à construire ! Cette loi doit connaître des exceptions. Le Rebberg en est une. Une seule solution se présente à nous pour cela (la seule qui rendra possible le cheminement vers le patrimoine de l’UNESCO) : il faut établir un dossier de « site patrimonial remarquable » (créés en 2016 en remplacement des ZPPAUP), qui s’accompagne d’un « plan de sauvegarde et de mise en valeur ». Mulhouse a d’autres cordes à son arc dans les perspectives de création de logements, à commencer par les dizaines de milliers de mètres-carrés de ses « belles friches industrielles » qui ne demandent qu’à être reconverties. Trop de villes regrettent les dérives de la « bruxellisation ». Le patrimoine en détresse ne peut crier « au secours », le citoyen, si.

L’étape suivante est évidemment de monter un dossier Patrimoine de l’UNESCO pour tout Mulhouse, avec l’aide des associations. Mulhouse est déjà ville d’art et d’histoire. C’est très bien. Mais elle mérite encore beaucoup mieux.

Pierre FLUCK

Archéologue, Expert ICOMOS pour les dossiers UNESCO.
Docteur-ès-Sciences, Professeur émérite à l’UHA, membre d’Honneur de l’Institut Universitaire de France.

 

Patrimoine Rebberg Mulhouse

sur Facebook

à suivre

 

Fermer En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et notre Politique de Confidentialité. En savoir plus